Sep 122019
 

Jean-François Fiorina s’entretient avec Jérôme Fourquet

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Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’Ifop, et auteur du best-seller L’archipel français. « Faire son année de césure à Shanghaï, c’est enrichissant, mais si c’est pour oublier Sochaux, cela se révélera largement contre-productif ».

L’arbre qui cache la forêt est le risque majeur des commentaires à chaud. Quatre mois après les élections europénnes de mai, le politologue Jérôme Fourquet le démontre une fois de plus en décryptant avec le recul qui convient la logique d’un scrutin qu’on aurait tort de ramener seulement aux progrès de l’extrême droite. 

Certes, la remise en cause des clivages traditionnels s’est exprimée un peu partout, rappelle l’auteur de l’essai à succès, l’Archipel français, paru en mars dernier au Seuil.

Mais pas seulement au profit des offres alternatives les plus radicales !

La prise de conscience de l’urgence écologique peut, dit-il, contribuer à changer la donne géopolitique en exprimant des exigences qui, elles mêmes, peuvent influer sur la physionomie générale des marchés, donc des flux commerciaux.

D’où l’intérêt, entre autres pour les futurs managers, de s’intéresser de près aux évolutions de l’opinion.

Politologue de formation, spécialiste en géographie électorale, comment en êtes-vous venu à étudier plus particulièrement les mouvements protestataires ?

J’ai suivi un parcours assez classique : Sciences Po, puis un DEA de géographie électorale à Paris VIII sous la direction d’Yves Lacoste et de Béatrice Giblin – les fondateurs de la revue Hérodote.

Cette prise en compte spatiale des rapports de force m’a orienté tout naturellement vers les études d’opinion, et plus spécialement vers les instituts de sondage, au moment où, précisément, la configuration politique commençait à changer en profondeur avec, d’une part, l’enracinement du Front national et, d’autre part, la multiplication de mouvements sociaux échappant à la logique des urnes et à l’encadrement politico-syndical.

CLESHS88-2L’incarnation de ce type de mouvements, ce sont évidemment les Gilets jaunes, mais tout a commencé dans les années 1990 avec l’émergence de diverses « coordinations » choisissant de s’exprimer en dehors des canaux ordinaires et revendiquant d’autres formes de lutte sociale.

Dans votre dernier essai, L’archipel français, vous montrez que la cause principale de l’atomisation de la société, donc des comportements électoraux, s’explique par la disparition d’un référentiel commun, en l’occurrence, pour la France, de la matrice classique « catho républicaine « . Diriez-vous la même chose à l’échelle européenne au vu du résultat des dernières élections ? 

L’archipellisation de la société n’est pas qu’un phénomène français.

Toutes les démocraties européennes la vivent à des degrés divers avec, en toile de fond, une reconfiguration générale du décor économique à base de désindustrialisation, de délocalisations, de déclin de l’agriculture et de métropolisation, ce qui conduit à une fragmentation sans précédent, non seulement des territoires mais aussi de l’imaginaire collectif.

Lequel s’estompe pour laisser place à une multiplicité de représentations, inséparables d’une montée générale de l’individualisme. Toutes choses qui n’ont pas manqué de se traduire dans les urnes, à peu près partout. 

Première victime : le clivage gauche-droite qui structurait la vie politique en Europe depuis la généralisation du suffrage universel, de moins en moins perçu comme synonyme de démocratie.

Sur quoi était fondé ce face-à-face ? Non seulement sur une opposition de classes ou d’intérêts socio-économiques, mais aussi sur un clivage d’origine religieuse : catholiques et laïcs en France et dans les pays latins ; catholiques et protestants en Allemagne (avec la concurrence traditionnelle CDU/SPD) ; anglicans plutôt conservateurs contre protestants majoritairement travaillistes, en Grande-Bretagne, etc.

CLESHS88-3Bien sûr, tout cela ne constituait qu’un soubassement qui souffrait des exceptions et s’est patiné avec le temps, mais ces fondements religieux ont globalement structuré la vie politique en Europe, avec pour prolongement ultime, au Parlement de Strasbourg, depuis 1979, l’alternance entre le Parti populaire européen et l’Alliance progressiste, émanations respectives de la démocratie chrétienne et de la gauche social-démocrate laïque. 

Aujourd’hui, tout cela est en voie de dislocation sous l’influence de la montée de l’individualisme qui fait litière des anciennes solidarités de classe, mais aussi des traditions politiques ou syndicales qui, naguère, se transmettaient familialement.

La crise économique qui frappe, sans exception, les grands bassins industriels européens, a eu raison, presque partout, de la gauche politique, abandonnée par son électorat qui l’accuse d’avoir failli dans la défense de ce qu’on appelait autrefois les classes laborieuses.

Et dans les métropoles, les nouvelles classes éduquées qui tirent leur épingle du jeu de la mondialisation ne se reconnaissent plus dans la droite conservatrice traditionnelle.

Ce qui est arrivé aux candidats LR et aux socialistes en France est emblématique, mais n’est pas fondamentalement différent de ce qui s’est passé en Allemagne et en Grande-Bretagne, où le SPD et la CDU, à l’instar des Travaillistes et des Conservateurs, n’ont pas atteint, à eux deux, la majorité des voix…

Et je ne parle pas de l’Italie où le Big Bang a eu lieu bien avant les élections européennes, la droite ayant été mangée par la Ligue du Nord, et la gauche par le mouvement Cinq étoiles…

Qui lui-même a ensuite été victime de la progression de la Ligue !

Les forces populistes ont progressé en voix à l’échelon du continent, mais cette progression n’a pas été aussi spectaculaire que l’annonçait, par exemple, une personnalité comme Steve Bannon. Comment l’expliquez-vous ?

A cela, deux raisons principales. La première, assez classique, est que certains ont joué à se faire peur, et que ce jeu s’est avéré payant en termes de mobilisation.

En prenant la tête d’une croisade européenne antipopuliste, Emmanuel Macron a sans doute tiré de l’abstention des électeurs qui, sans cela, seraient peut-être restés chez eux.

Quant à la stratégie desdits populistes – « Nous pouvons gagner ! » – elle était complémentaire car elle a contribué, aussi, à accréditer l’idée qu’une victoire de l’extrême droite était possible en Europe…

D’où la satisfaction pour chaque camp d’avoir un peu partout laminé ses concurrents (la gauche et l’extrême gauche, marginalisées au profit des libéraux « progressistes » à la Macron ; la droite libérale et/ou conservatrice reculant au profit de Marine Le Pen et de ses alliés) …

Mais avec une prime pour les « progressistes » qui ont tout de même sauvé les meubles.

Et puis il y a autre chose de plus profond : si le populisme progresse partout, parfois spectaculairement, son écho est relativement limité dans l’ensemble du corps social.

Les anticorps sont encore très puissants, à commencer par la double présomption de xénophobie et d’incompétence économique qui freine la progression de l’extrême-droite.

Surtout, n’oublions pas que les sociétés de l’entre-deux guerres qui ont ouvert la voie du pouvoir aux mouvements populistes étaient infiniment plus fragilisées que les nôtres.

Les millions de morts de 1914-1918, la crise de 1929 qui précipite les survivants, également par millions, vers la soupe populaire, sans parler des humiliations patriotiques exploitées par les dictateurs, tout cela ne peut se comparer à ce que nous connaissons, même si pour certains, la vie est effectivement très dure. 

Aujourd’hui, même ceux qui votent pour les populistes européens perçoivent bien que les offres politiques incarnées par ces derniers sont des offres radicales.

Or il n’existe pas, loin de là, de majorité arithmétique pour légitimer ces offres.

De puissantes forces de rappel existent qui étaient absentes dans les années Trente, à commencer par la protection sociale, la santé gratuite, des services publics efficients, une redistribution fiscale efficace, toutes choses dont on peut juger qu’elles se dégradent, mais qui, heureusement, sont encore là et bien là.

Bref, je ne vois pas, comme en Allemagne ou en Italie entre les deux guerres, un risque de voir des classes moyennes, même fragilisées, tenter la « grande aventure »…

Les évolutions de l’opinion qu’on constate en Europe, non seulement la montée du populisme, mais aussi la prise de conscience écologique qui s’affirme partout, peuvent-elles avoir une influence sur les grands équilibres géopolitiques ? Par exemple, peut-on imaginer l’émergence d’un mouvement d’opinion assez fort pour faire reculer les gouvernements qui acceptent l’importation massive de maïs transgénique ou de viande contenant des doses considérables d’hormones ou d’antibiotiques ? 

Cette prise de conscience des enjeux environnementaux est cruciale, même s’il est vrai que les élections européennes ont toujours été propices à son expression.

Là, un sentiment d’urgence s’est affirmé, notamment dans le nord de l’Europe et spécialement en Allemagne où les Grünen, sont arrivés en deuxième position, quatre points avant les sociaux-démocrates… 

Autre changement important : les forces écologistes ne se positionnent plus nécessairement dans une logique de « gauche plurielle ». C’est tout l’enjeu des batailles internes chez les Verts en France.

Et le débat est pratiquement tranché outre-Rhin où tout le monde pense qu’à l’instar de ce qui se passe déjà dans le Bade-Wurtemberg, les Grünen ne s’interdiront plus, à l’avenir, de s’allier, le cas échant, avec la CDU.

Il se passe, en fait, à l’échelon des stratégies d’appareils, ce qu’on observe partout dans la société : une autonomisation des comportements qui rompt avec les schémas traditionnels. 

CLESHS88-4Depuis le milieu du XIX° siècle, la gauche et la droite s’affrontaient sur la laïcité, sur l’existence du capitalisme puis, celui-ci s’étant affirmé partout, sur la question de la répartition de la valeur : aujourd’hui, une partie de la société s’interroge sur son rapport à l’environnement de la même manière qu’une autre place au premier plan de ses préoccupations ce qui touche à l’identité.

Dans les deux cas, les forces politiques installées étant, à tort ou à raison, réputées dépassées sur ces sujets, se voient concurrencées par des alternatives ad hoc. 

Pour répondre précisément à votre question sur les implications géopolitiques possibles de cette évolution, s’agissant de l’écologie, il est clair que les citoyens-consommateurs changent la donne en exprimant des exigences qui peuvent influer sur la physionomie générale des marchés, donc des flux commerciaux.

C’est déjà le cas dans l’alimentaire avec les progrès foudroyants du bio qui peut contribuer à la relocalisation de certaines productions ; cela peut aussi déboucher sur les mouvements transnationaux de boycott de certaines filières.

Nous verrons bientôt ce qu’il en est quand les importations de viande brésilienne débuteront en Europe si le Mercosur est ratifié, le Président Macron s’y opposant depuis peu… précisément en invoquant des arguments environnementaux.

Justement, qu’en est-il des importations de produits fabriqués au mépris des normes environnementales ou dans des conditions sociales inacceptables…

Sur ce sujet, les choses sont plus complexes.

Première remarque, le travail idéologique des libéraux a porté ses fruits : le protectionnisme a très mauvaise presse dans l’opinion.

Et puis, sans même écouter les économistes patentés, le citoyen a bien conscience que les barrières douanières ont une contrepartie en matière de pouvoir d’achat.

Un T-shirt produit en Chine est moins cher que le même fabriqué en France ou en Italie, et tant pis si son empreinte carbone est dix fois supérieure à cause du transport.

Quant aux conditions de travail de ceux qui le produisent, force est malheureusement de constater que ce paramètre éthique entre assez peu en ligne de compte dans le choix des consommateurs, ne serait-ce que parce qu’il est pratiquement impossible de les connaître quand on tend sa main vers le linéaire d’une grande surface… 

En revanche – toujours l’individualisme ! – la dimension sanitaire, comme je le disais, revêt une importance croissante.

En juillet dernier, l’Ifop a mené une grande enquête sur le CETA pour Fakir, le journal de François Ruffin.

Nous avons choisi de procéder en trois temps : primo, une question générale sur l’appréciation du traité ; secundo des questions précises sur les bouleversements qu’il implique pour la santé publique ; tertio, à nouveau la question initiale. Le résultat est saisissant.

D’entrée de jeu, nous posons donc la question : « Le Canada et l’Union européenne, donc la France, ont signé un traité libre-échange, appelé le CETA, pour accroître leurs échanges commerciaux. Êtes-vous tout à fait favorable, assez favorable, assez opposé ou tout à fait opposé au CETA ? ». Résultat : 50% de réponses favorables, 31% de défavorables, 19% sans opinion.

Exemple de question plus précise : « L’élevage d’une variété de saumon, génétiquement modifiée pour grandir plus vite, a été autorisé au Canada. Cette pratique étant désormais autorisée au Canada, rien n’empêche dans le cadre du CETA que cette variété de saumon soit exportée en Europe et donc en France. Personnellement, acceptez-vous que l’on importe du Canada du saumon génétiquement modifié ? ».

Le résultat est sans appel : 83% de « non » ; 11% de « oui » ; 6% de sans opinion.

Et quand, pour finir, on repose la première question en termes parfaitement identiques, tout change : le CETA n’est plus soutenu que par 26% des personnes interrogées, tandis que 66% s’y opposent et 8% ne savent pas… 

L’opinion s’inverse donc du tout au tout selon qu’on pose la même question assortie ou non d’exemples concrets ! 

Les étudiants qui se forment pour devenir de futurs managers sont-ils assez sensibilisés aux études d’opinion et à la politologie ?

Si je voulais faire de la provocation, je dirais « peut mieux faire ». Et j’ajoute : il suffit d’écouter notre personnel politique pour en avoir la preuve !

Celui-ci est, en effet, issu de moins en moins de l’Ena et, de plus en plus, de grandes écoles, parfois prestigieuses, mais délivrant un enseignement à dominante économique et commerciale.

L’élite politique s’en est trouvée à la fois renouvelée et rajeunie, et sans doute mieux formée à appréhender les réalités internationales, ne serait-ce que par la pratique des langues étrangères et une immersion quasi-structurelle dans la mondialisation.

En revanche, il est indéniable qu’elle souffre d’un handicap croissant : une méconnaissance globale du fonctionnement profond de la société française.

Comment expliquer autrement les maladresses qui ont émaillé le début du quinquennat et provoqué les réactions que l’on sait dans l’opinion ? 

Par exemple ?

CLESHS88-5Par exemple, le télescopage entre la baisse de l’ISF et celle des APL, ou encore la stigmatisation de « ceux qui fument des clopes et roulent au diesel ».

Ou pire : cette ministre expliquant sur un plateau à une représentante des Gilets jaunes qui se disait à 15 euros près pour faire son plein, que, grâce aux aides gouvernementales, elle pourrait bientôt s’acheter un véhicule propre à 30.000 euros…

Voilà sans doute des têtes bien faites mais auxquelles échappe totalement la dimension symbolique de la politique et les ressorts qui animent la société.

Il y a là, s’agissant de nos élites, un phénomène de sécession morale qui est pour beaucoup dans la sécession symétrique de certaines catégories populaires face à la politique. 

Nul doute aussi qu’une meilleure connaissance de l’opinion, donc de la sociologie qui la sous-tend, ne serait pas inutile pour ceux qui seront amenés à diriger de grandes entreprises. 

Que penser, par exemple, de cette responsable de l’image corporate et du sponsoring du groupe PSA qui, interrogée sur la décision de l’entreprise de se désengager du soutien fourni traditionnellement au FC-Sochaux, explique sans ciller que PSA financera désormais le tennis, plus conforme à son image haut de gamme que le football qui véhicule des valeurs trop « populaires » ?

Quand on connaît les liens historiques entre l’aventure Peugeot et le FC Sochaux, deux réalités inséparables ancrées dans l’inconscient collectif de toute une région, on se dit que de telles fautes de quart pourraient être évitées.

Ne serait-ce que d’un point de vue strictement utilitariste, afin de ne pas humilier inutilement des dizaines de milliers de salariés !

Faire son année de césure à Sidney, c’est utile, mais si c’est pour oublier Sochaux, cela se révélera largement contre-productif… 

En savoir plus sur Jérôme Fourquet

CLESHS88-6Né au Mans en 1973, Jérôme Fourquet, diplômé de l’IEP de Rennes, est titulaire d’un DEA de géographie électorale (Paris VIII, 1995).

Ancien élève d’Yves Lacoste, il s’est imposé depuis quelques années comme l’un des meilleurs politologues français, en même temps que comme l’un des sondeurs les plus fiables de sa génération. 

Entré en 1996 à l’institut de sondages Ifop, il a rejoint CSA Opinion comme directeur d’études de 1998 à 2003, avant de revenir à l’Ifop pour rejoindre son département Opinion et Stratégies d’entreprises, dont il assume successivement la fonction de directeur adjoint puis, depuis 2011, de directeur. 

Passionné d’histoire politique et de sociologie, mais aussi d’histoire des mentalités, il a mené des travaux sur de nombreux sujets, notamment sur la montée des mouvements protestataires et/ou identitaires, qu’il s’agisse du Front national, de l’euroscepticisme de droite comme de gauche, ou des intégrismes religieux. 

Outre plusieurs ouvrages qui font aujourd’hui référence, Jérôme Fourquet a publié de nombreuses notes de conjoncture avec des instituts de recherche comme la Fondation pour l’innovation politique ou la Fondation Jean Jaurès, la plupart disponibles en ligne. 

Collaborateur régulier du Figaro, de L’Opinion, de Slate.fr, Huffingtonpost.fr ou Atlantico.fr, cet analyste acéré autant que réputé intervient régulièrement sur les plateaux de télévision pour donner du sens aux résultats électoraux et relier l’actualité aux mouvements de fond qu’il étudie. 

L’archipel français, paru en mars 2019, est, de ce point de vue, l’aboutissement d’un travail au long cours sur les mutations de la société française.

Dans le peloton de tête des meilleures ventes dans la catégorie Essais, cette somme, unanimement saluée par la critique, a été récompensée par le Prix du livre politique 2019. 

Rédigé plusieurs mois avant le début de la crise des Gilets jaunes, cet essai qui en décrivait à l’avance les ressorts et les contours, est fréquemment cité dans la presse étrangère comme l’analyse la plus profonde du phénomène, lequel n’en finit pas d’intriguer et de passionner nos voisins. 

Parmi les autres ouvrages publiés par Jérôme Fourquet sur les grandes ruptures politiques et sociologiques des dernières années, citons notamment :

  • Le voisin de Mohamed vote FN, Editions de l’Aube, 2015 ;
  • L’an prochain à Jérusalem, les juifs de France face à l’antisémitisme (avec Sylvain Manternach), Editions de l’Aube, 2016 ;
  • Accueil ou submersion ? Regards européens sur la crise des migrants, Editions de l’Aube, 2016 ;
  • La nouvelle question corse, Editions de l’Aube, 2017;
  • Le puzzle français. Un nouveau partage politique (avec Hervé Le Bras), Fondation Jean Jaurès, 2017 ;
  • À la droite de Dieu, Editions du Cerf, 2018 (sur la montée de la radicalité dans l’électorat catholique). 

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