Juil 192012
 

En ce début juillet 2012, les stations du littoral belge ont annoncé leur intention de porter plainte contre un site météorologique prévoyant un été instable pour le Nord de l’Europe. Si l’anecdote peut faire sourire, elle rappelle que le tourisme est un enjeu économique majeur : une « mauvaise » saison peut avoir de lourdes répercussions sur les activités et les emplois locaux. Plus loin de nous, la Tunisie ou l’Égypte pâtissent d’une baisse catastrophique de leur attractivité depuis les révolutions arabes. Météo, situation politique, structures d’accueil… : autant de paramètres qui influent sur l’activité touristique, laquelle façonne en retour les paysages, bouscule les économies et déteint sur les cultures locales. « Il faut plus que jamais poser les problèmes du tourisme en termes de rivalités de pouvoir sur des territoires aux dimensions fort différentes : depuis le planétaire et l’international jusqu’aux quartiers touristiques et aux stations balnéaires », affirme la revue Hérodote.

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Juin 072012
 

À l’heure où les Égyptiens s’apprêtent à choisir leur président entre un ancien militaire issu du système Moubarak et un Frère musulman, les spéculations vont bon train. Depuis la vague de révoltes populaires sans précédent amorcée fin 2010, le monde arabo-musulman n’en finit pas de connaître l’instabilité. Initialement menées contre la vie chère en Algérie et en Tunisie, elles ont déjà eu raison des exécutifs tunisien, égyptien, libyen, yéménite et peut-être demain syrien. Ces révolutions toujours en cours, trop hâtivement comparées à celles qu’a connu l’espace européen, ont le potentiel du meilleur comme du pire. « Tout le défi auquel fait aujourd’hui face le Moyen-Orient tient précisément à sa capacité à élaborer un modèle oriental, seul à même d’être accepté par les populations concernées », préviennent les auteurs de la Géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord récemment parue aux PUF. Il est en tout cas certain que ces révoltes plus ou moins spontanées sont en train de redessiner la carte des équilibres géostratégiques de la région.

De « Révolution Facebook » ou « Révolutions de la dignité » à « Tsunami arabe » (Antoine Basbous),  en passant par des désignations plus géographiquement limitées, à l’instar de la « Révolution  de Jasmin » ou de la « Révolution du Nil », les appellations pour décrire les événements déclenchés depuis la fin de l’année 2010 n’ont pas manqué. Cette pluralité révèle surtout l’hétérogénéité des situations nationales. Si le choix d’un vocable univoque et potentiellement séduisant – le ou les Printemps arabe(s) – a été arrêté, il renvoie néanmoins à l’idée que  les bouleversements à l’oeuvre obéiraient à une même mécanique. Or, rien n’est plus faux.

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Oct 012011
 

Et si les révolutions du “printemps arabe” avaient avant tout des racines démographiques ? C’est la thèse défendue par l’historien Emmanuel Todd dans un petit livre d’entretien réalisé avec l’équipe de l’émission « Arrêt sur image ». Il y développe un diagnostic posé quatre ans plus tôt dans un ouvrage rédigé conjointement avec Youssef Courbage et dans lequel, analysant les grandes données démographiques, il estimait que “loin d’être vouées à l’intégrisme et aux dictatures, les populations arabes sont entrées de plain-pied dans la modernité, où elles ont rejoint, sans que personne n’y prenne garde, les populations dites occidentales”. Une analyse optimiste à envisager toutefois avec beaucoup de précaution puisque l’auteur voit également dans la révolution islamique iranienne de 1979 l’événement précurseur des révolutions arabes actuelles… Autant dire que loin d’épuiser le débat sur ces événements, les observations d’Emmanuel Todd vont contribuer à le relancer, en soulignant toute la complexité des mutations actuelles… Lire la suite »